Matisyahu

Matisyahu
Nom : Miller
Prénom : Matthew
Nom de Scène : Matisyahu
Nationalité : Américaine
Date de naissance : 30/06/1979
Site Internet : Pas de site Internet


Biographie : A l'instar des Rastas, Matisyahu, juif hassidique de confession, utilise sa musique pour véhiculer son message religieux. Directement venu de la Thora (dont il prône l'application stricte), son discours a trouvé un écho dans la communauté juive. Mais porté par une musique hybride mêlant rock et hip hop à une dominante reggae, il commence à toucher un cercle bien plus large.

Né Matthew Miller à West Chester (PENNSYLVANIE) le 30 juin 1979, Matisyahu grandit à New York au sein d'une famille très pratiquante. Il fréquente même une école hébreu après ses cours, ce qui ne l'empêche pas de se prendre de passion pour le reggae et Bob Marley... jusqu'à se laisser pousser les dreads, qu'il coupera à 18 ans.

Alors que l'école ne le passionne pas vraiment, il décide de partir pour le Colorado, loin de sa vie de banlieusard des White Plains, où il médite. Il en revient habité par une foi inébranlable, et poursuit sa quête spirituelle en Israël. De retour à New-York, il lâche définitivement les études et part sur les routes avec le groupe Phish. Après plusieurs mois de vagabondage, Matthew rentre fauché chez lui. Ses parents insistent pour qu'il se prenne en main et rentre dans une "wilderness school", une école d'un nouveau type, à la pédagogie expérimentale. L'établissement l'encourage à développer sa carrière artistique et Matisyahu profite du temps disponible pour développer sa passion.

Parallèlement, il fréquente la "Carlebach Shul", une synagogue sur les hauteurs de West Side, bien connue pour sa mystique "hippie" et ses chants exubérants. Alors qu'il passait ses heures de cours à s'entraîner au beat-box, le jeune Matisyahu, décidemment pas fait pour l'école, quitte les classes pour aller prier sur le toit de l'école. L'histoire officiel emprunte ensuite à la légende : Matisyahu écrit une pièce pour l'école, dont il va revivre le scénario où un jeune homme rencontre un rabbin et découvre sa foi : ce sera la rencontre avec un rabbin Loubavitch, qui fera de Matthew Miller Matisyahu. Désormais fortement imprégné par sa foi, Matisyahu la transmet au travers de sa musique. Avec son groupe, il enregistre un premier album en 2004, "Shake Off The Dust... Arise", puis le très vendu "Live at Stubb's", écoulé à plus de 500 000 exemplaires aux Etats-Unis. Il revient avec un troisième album, "Youths", au mois de mars 2006.

Discographie :
- Shake Off The Dust... Arise (2004)
- Youth (2006)

Chansons à télécharger (click):
- King Without A Crown
- Jerusalem

# Posté le jeudi 25 mai 2006 16:52

Modifié le samedi 01 mars 2008 16:18

Lyricson

Lyricson
Nom : Boukara
Prénom : Soulemane
Nom de Scène : Lyricson
Nationalité : Française
Date de naissance : ??/??/????
Site Internet : www.blackunite.com

Biographie : Quelques titres ont suffit à Lyricson pour montrer qu'il était un chanteur bourré de talent et à l'avenir prometteur. Son premier hit, Bad Load, paru sur la compilation antillaise "Reggae Dream 2001", a connu un vif succès auprès des radios. Le public l'a également remarqué sur la tournée internationale de Manu Chao, "Radio Bemba Sound System" et avec le groupe de rap Assassin.

Né en Guinée, résidant en France et chantant en anglais, Lyricson multiplie les influences musicales. Du nyabinghi au dancehall hardcore en passant par le new roots, son style s'accommode de n'importe quelles rythmiques et en fait, à seulement 23 ans, l'un des représentants les plus prometteurs de la scène dancehall francophone.

Après s'être fait remarquer sur la compilation "Quality Streetz" avec son explosif Seeking for a better future, il sort en octobre 2004 sort son premier album, "Born To Go High" avec le label Special Delivery Music. Partiellement enregistré en Jamaïque, on y retrouve des productions signées Ghost, Bost & Bim, Bobby Digital ainsi que des featurings avec Singing Melody, Natty King ou encore MC Jean Gab1 ou Chadness.

Un tournée française accompagne la sortie de l'album et pourrait bien faire office de tremplin. Voilà un artiste qui peut regarder l'avenir avec sérénité.

En 2007, il sort un second album nommé "Keep the faith".

Lyricson fait parti du collectif reggae/ragga/dancehall "Black Unite". Lors d'un concert à Montpellier,il fut touché par l'artiste reggae du moment Jean-Baptiste Belvino. Il devrait prochainement sortir un featuring avec son mentor Jean-baptiste pour son nouvel album prévu en 2009. On peut noter qu'il a participé au titre "Monnaie" de Dub Incorporation et qu'il les accompagne pendant leurs concerts.

Discographie :
- Born To Go High (2004)
- Keep The Faith (2007)

Chansons à télécharger (click):
- Give Jah Praise
- Night & Day

# Posté le lundi 29 mai 2006 15:33

Modifié le dimanche 02 mars 2008 05:45

Bob Marley

Bob Marley
Nom : Marley
Prénom : Robert Nesta
Nom de scène : Bob Marley
Nationalité : Jamaïcaine
Date de Naissance : 06/02/1945
Décedé le : 11/05/1981
Site internet : www.bobmarley.com

Biographie : Légende, mythe, prophète, les qualificatifs ne manquent pas pour décrire Robert Nesta Marley, plus connu sous le nom de Bob Marley. On pourrait évidemment y ajouter celui de "reggaeman": rarement en effet un artiste aura à ce point été identifié à un genre musical, le reggae en l'occurrence.

Tout au long de sa vie, Bob Marley s'inspira énormément de la symbolique rastafari pour construire sa propre personnalité et véhiculer un message d'amour et de paix. Un message omniprésent dans le répertoire musical du petit homme.

Interrogez votre entourage: dites-leur "reggae" et le premier nom qui viendra à l'esprit de votre interlocuteur sera naturellement celui de Bob Marley. Cependant, on ne peut résumer la carrière musicale de cet artiste à la seule mouvance reggae: Bob Marley s'est essayé à de nombreux genres musicaux, ska, soul et rock steady, avant de devenir une superstar.

Depuis sa disparition en 1981, le reggae s'est aussi progressivement émancipé de la tutelle du maître, voire des racines profondes de la culture jamaïquaine. Mais il est un fait que Bob Marley fut le catalyseur du mouvement, celui qui permit au reggae jusque là cantonné aux rues de Trench Town de traverser les océans pour se propager dans le monde entier.

C'est le 6 février 1945, dans un petit village de la Jamaïque, que naquit Bob Marley, fruit des amours d'un officier blanc et d'une jeune black. Faut-il le préciser: les mariages mixtes n'étaient pas très bien vus à l'époque.

Adolescent, Bob rencontre Bunny Livingston (le futur Bunny Wailer) avec lequel il se découvre une passion commune: la musique et, en particulier, le ska en plein essor fin des années 50. Ils trouvent là un moyen d'échapper à leurs conditions de vie plutôt misérables dans le ghetto de Kingston et de retrouver leurs racines africaines à travers le mouvement rastafarien.

En 1961, Bob auditionne pour Leslie Kong et sort son premier single Judge Not, suivi de One More Cup of Coffee en 1962. Les ventes ne décollent pas. Deux ans plus tard, Bob monte le groupe The Teenagers en compagnie de Peter Tosh, Bunny Livingston, Junior Braithwaite, Beverly Kelso et Cherry Smith. Ils changeront à plusieurs reprises le nom de la formation pour finalement opter pour The Wailers.

Le groupe signe auprès de Coxsone Dodd et enregistre un premier morceau I'm Still Waiting. Près de cent autres titres suivront dont Simmer Down, It Hurts To Be Alone et Dancing Shoes. Dès 1964, ils deviennent assez populaires en Jamaïque mais ils ne gagnent pratiquement pas un rond: leur firme de disques les exploite à fond.

Le groupe se sépare en 1966. Cette année-là, Bob épouse Rita Anderson. Il émigre ensuite quelques mois aux Etats-Unis, auprès de sa mère, histoire de gagner un peu d'argent avant de regagner sa terre d'origine.

A son retour, Bob Marley, Bunny Wailer et Peter Tosh reforment le trio magique. Ils en profitent également pour lancer leur propre maison de disques: Wail 'n' Soul 'm. Au rang des morceaux distribués par ce très éphémère label: le single Bend Down Low, premier essai d'une série de disques qui feront entrer la rythmique lourde et les idées rastafari dans la légende.

Les Wailers rencontrent ensuite Lee Perry. C'est à cette époque qu'ils nous livrent des chansons comme Duppy Conqueror, Small Axe et Soul Almighty. En 1970, Aston "Family Man" Barrett et son frère Carlton rejoignent les Wailers. Ils créent un nouveau label, Tuff Gong, avant de signer un an plus tard avec Island Records. Ce contrat marque un tournant dans la vie du groupe: pour la première fois, ils ne seront plus continuellement dans la dèche. C'est aussi les premiers débuts du reggae sur la scène internationale. C'est enfin l'occasion de changer le nom du groupe en Bob Marley & the Wailers.

Ils sortent l'album militant Catch a Fire en 1972 et entament dans la foulée une série de concerts en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Suit l'album Burnin' avec, entre autres, les tubes Get Up Stand Up et I Shot The Sheriff (popularisé par Eric Clapton). Cet opus marqué du sceau du rastafarisme et de la rébellion met un terme à la collaboration entre Bob Marley et ses deux acolytes de la première heure, Livingstone et Tosh, désireux de poursuivre leur carrière respective en solo.

Bob Marley s'associe alors au groupe I-Trees composé de Rita Marley, Marcia Griffiths et Judy Mowatt. En 1975, l'album Natty Dread voit le jour. Il contient le très remarquable et remarqué No Woman No Cry.

Rastaman Vibration sort l'année suivante et recueille un vif succès en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. En décembre 76, Bob Marley, dont l'aura mystique dérangeait un certain nombre de ses compatriotes, fait l'objet d'une tentative d'assassinat.

Contraint à l'exil, Bob enregistre Exodus en 1977 et Kaya l'année suivante, deux albums où Marley affine considérablement ce mix de mélodies pop-rock et rythmes syncopés propres au reggae.

En avril 1978, le rasta man suprême revient en Jamaïque à l'occasion d'un concert pour la paix réunissant le premier ministre Michael Manley et son adversaire politique Edward Seaga. Peu de temps après, il pose pour la première fois le pied sur le sol africain. Cette visite lui inspire l'album Survival où l'on retrouve p.ex. des titres comme Zimbabwe, So Much Troubles In The World et Africa Unite.

Le groupe se fend d'un nouvel opus en 1980: Uprising. Il fait un tabac dans tous les hit-parades. Bob Marley et les Wailers partent ensuite en tournée avec Stevie Wonder durant l'hiver 1980 mais Bob est forcé de l'interrompre pour soigner le cancer qui le ronge. Il meurt en pleine gloire le 11 mai 1981. Il avait trente-six ans.

Discographie :
- Catch a Fire (1972)
- Burnin' (1973)
- Natty Dread (1974)
- Live! (1975)
- Rastaman Vibration (1976)
- Exodus (1977)
- Babylon By Bus (1978)
- Kaya (1978)
- Survival (1979)
- Uprising (1980)
- Confrontation (1983)
- Bob Marley (It's Music) (1998)

Chansons à télécharger (click):
- No Woman No Cry
- Jammin'

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 13:28

Modifié le dimanche 02 mars 2008 05:44

Admiral T

Admiral T
Nom : Campbell
Prénom : Christy
Nom de scène : Admiral T
Nationalité : Française
Date de Naissance : 29/03/1981
Site internet : www.admiralt-lesite.com

Biographie : Révélé au grand public à l'âge de 16 ans en 1997, Admiral T s'est imposé comme l'artiste antillais n°1. Formé comme tant d'autres à l'école des sound systems, Admiral T découvre le reggae à l'âge de 12 ans grâce à un frère selecta. Né en 1981, il grandi en écoutant Bob Marley, Peter Tosh mais aussi Glen Washington et Papa San. Sans oublier le zouk de Kassav', la musique africaine et la salsa.

A force de traîner dans les soirées locales, il fait la connaissance de Teddy et Jimmy du Karukéra Sound System, qu'il intègre rapidement. Créé en 1994, le KSS regroupe plusieurs DJ et chanteurs. Ils s'associent avec le producteur martiniquais Don Miguel, en raison du désintéressement des producteurs guadeloupéens qui préfèrent se tourner vers le zouk.

Ensemble, ils produiront deux albums du KSS sur lesquels Admiral T se distingue avec le titre Rapide et Special Guest en combinaison avec Curtis en 1997. Il n'a alors que 16 ans. D'autres morceaux vont accroître sa notoriété, notamment une combinaison avec Saël, Pas comme les autres, et Rendez-vous en 2000, aux succès immédiats. Mais le plus gros hit d'Admiral T sera le morceau Gwadada, tranches de la vie quotidienne sur l'île. Suivra un maxi trois titres avec un remix de gwadada en collaboration avec le groupe Akiyo et Le Bien et le mal, avec Tiwony et Curtis.

En 2001, son premier album "Mozaïc Kréyol" composé uniquement de morceaux originaux s'impose comme l'album dancehall du moment. Goûtant à de multiples saveurs musicales, "Mozaïc Kréyol" est un patchwork musical (d'où son titre) où cohabitent dancehal, zouk et traditionnel.
Une seule recommandation : découvrir l'artiste sur scène, où il livre immanquablement des prestations très énergiques.

Discographie :
- Mozaik Kreyol (2003)
- Toucher L'Horizon (2006)

Chansons à télécharger (click):
- Toucher l'horizon
- Reggae Story

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 14:09

Modifié le samedi 01 mars 2008 17:21

Peter Tosh

Peter Tosh
Nom : Macintosh
Prénom : Winston Hubert
Nom de scène : Petr Tosh
Nationalité : Jamaïcaine
Date de Naissance : 09/10/1944
Décedé le : 11/09/1987
Site internet : www.ptosh.com

Biographie : Né à Church Lincoln (Westmoreland) en Jamaïque le 9 octobre 1944, Winston Hubert Macintoch dit Peter Tosh n'a pas connu son père. Sa mère (Alvera Coke) pauvre adolescente ne pouvant l'élever le confie à une tante dans la ville côtière de Savana La Mar. Personne dans sa famille n'avait les moyens de lui assurer une éducation décente mais il était très déterminé et talentueux.

Jeune adolescent, Peter s'installe à Denhamtown l'un des quartiers chauds de Kingston. Il partage son temps entre la rue, l'école et la chapelle du quartier. Dans la rue, il vit de petits "business". Comme tous les ghetto boys, il côtoie les jeunes kids de Trenchtown. Tosh n'a pas beaucoup souffert du "milieu" car son arrogance et sa grande taille le mettaient à l'abri des surprises désagréables. Il était respecté par ses pairs. Bien sûr il eut quelques démêlés avec la police pour détention de ganja, violence et surtout pour ses idées politico-philosophiques. La crise économique des années 60 rend la vie insupportable aux jeunes du ghetto. La drogue et la misère participent à l'explosion de la criminalité et les brutalités policières n'arrangeaient pas du tout les choses. La tension était permanente dans les quartiers pauvres de Kingston. Le déclin de l'agriculture jamaïcaine amplifie l'exode rural et l'explosion démographique dans les ghettos.Tout naturellement Peter cherchait une issue à sa situation. Il dit avoir vécu et vu des choses horribles à Trenchtowm.

Il fréquentait épisodiquement la paroisse mais pas pour le catéchisme ni pour écouter les "bonnes paroles" du pasteur (pourtant il était très croyant) mais pour avoir accès à la guitare que le pasteur lui confiait de temps en temps. Très vite, ses dons pour cet instrument furent remarqués. Il était aussi un bon pianiste très tôt. Ce surdoué se mit aussi à la chanson en intégrant la chorale. Mais Peter s'ennuie très rapidement car les répétitions de chants spirituels laissaient peu de place à des improvisations et à l'éclosion d'un talent personnel. Et surtout ses idées révolutionnaires dérangeaient les gardiens de l'ordre moral et politique. L'église officielle et la police ne voyaient pas d'un bon oeil l'avènement de ce mouvement qu'est le rastafarisme. Peter Tosh n'avait-il pas demandé publiquement la légalisation de la marijuana ? Peter chantait dans la rue contre quelques shillings. Il dénonçait la manipulation mentale de l'église qui encourageait la diabolisation et la marginalisation des rastamen du ghetto.

Tosh fut influencé par le Blues , la Soul et surtout le Ska. Le Ska véhiculait des messages de rebellion, d'encouragement et de prise de conscience. C'était aussi la période des indépendances dans le tiers-monde, l'époque du black power. Le Ska rencontra un grand succès auprès des jeunes du ghetto. Peter Tosh essaya des mélanges de genres musicaux assez surprenants. Il perfectionna sa guitare et sa voix. C'est aussi à cette époque que le Ska fut détrôné par le Rock Steady (plus rythmique) qui deviendra plus tard le Reggae.

A la même époque, un certain Robert Nesta Marley cherchait aussi sa voie. Bob avait rencontré Joe Higgs un artiste qui avait une autorité morale sur les jeunes du ghetto. Higgs était un modèle pour Bob Marley. Rappelons que Bob aussi était privé de père et trouvait en Higgs un maître sur le plan musical et le père qu'il n'avait pas connu. Bob et son copain Bunny Livingstone (Bunny Wailer) ont rencontré Peter Tosh lors d'une séance organisée par Higgs. Peter Tosh très bon guitariste et chanteur talentueux se joint à Bob et Bunny pour former un trio qui aura pour nom "The Wailing rudeboys", puis "The Wailing Wailers" et enfin "The Wailers". Ainsi naquit le plus célèbre des groupes reggae.

Sous la direction de Joe Higgs , de Coxsone Dodd, de Lee Scratch Perry et enfin de Chris Blakwell (de chez Island) le groupe enregistre plusieurs albums. Certains albums étaient pressés à quelques dizaines d'exemplaires seulement, juste de quoi rembourser les frais de location de studio et s'acheter une paire de chaussures ou un costume neuf. Le chaos économique et social qui régnait en Jamaïque à cette époque favorisait les piratages de disques d'autant plus que les radios officielles programmaient très peu de reggae. Cette musique de par le message qu'il véhicule était jugée subversive. Les premiers disques des Wailers étaient bien accueillis par le public lassé d'écouter la pop anglo-américaine dont on l'abreuvait. Les Wailers ont trouvé leur voie. Ils rencontrent le succès mais étaient fauchés.

Bob part aux USA voir sa mère. Il y resta quelques mois en vivant de petits emplois, Bunny fait un court séjour dans les geôles pour détention d'arme et usage de marijuana. Peter ne tardera pas à goûter aussi aux délices de la prison. Il y fut même tabassé et en garda un très mauvais souvenir, ce qui n'a fait que renforcer la haine qu'il avait envers la police.

Bob à son retour des Etats Unis , apporte une touche pop-rock aux oeuvres des Waillers. Le groupe grandit et s'ouvre à d'autres influences musicales. Bob devient le leader incontesté des Wailers, mais la frustration et surtout le désir d'être libre par rapport aux maisons de production poussent Peter et Bunny à partir. Nous sommes donc en 1974, le trio historique des Wailers se sépare. Peter Tosh démarre alors une carrière solo avec un début difficile. La rumeur fait état d'un conflit entre Bob et Peter, il n'en était rien. Ils sont restés amis. Ils ont même fait des concerts ensemble et ont joué parfois avec les mêmes musiciens (les frères Barrett par exemple). Bunny Wailer, Judy Mowatt et surtout Rita Marley ont collaboré à la réalisation du premier album solo de Tosh. Pour l'anedocte, signalons que Peter a épousé la soeur de Bunny. Une grande famille en somme... Mais on ne comprend toujours pas pourquoi Peter n'a pas assisté aux obsèques de Bob Marley.

Peter rastaman pratiquant, arrogant et coléreux avait une mauvaise réputation. L'étiquette de bad boy des Wailers lui collait à la peau et il entretenait bien cette image. Il dénonçait la corruption, le mensonge et toutes les inégalités. La véhémence de ses propos, ses rapports avec la presse et son tempérament en font l'image contraire de Bob Marley. Peter était très mystique et révolté à travers ses chansons. Son engagement dans la lutte anti-apartheid en Afrique du sud et ses prises de position en faveur des opprimés de tous les pays lui attiraient quelques ennuis avec la police politique de l'île. Grand militant des droits de l'homme (les vrais droits de l'homme...), il réclamait la justice avant tout. Profitant du méga concert de la paix et de la réconciliation (Kingston Avril 1978), il réitère son message qu'il avait lancé dans l'album "Equal Rights" : " La paix est un diplôme qu'on vous délivre à titre posthume au cimetière. Tout le monde réclame la paix mais personne ne demande la justice. Je ne veux pas de cette paix, car nous avons tous besoin des mêmes droits et de justice avant tout".

Peter était un grand ennemi de Babylone (le système encore actuel) qu'il vilipendait à travers ses chansons. C'était un chanteur très engagé et très pessimiste sur l'avenir de l'humanité, il était apocalyptique. Ses messages rejoignent ceux du musicien nigérian Fela Anikulapo Kuti.

Grâce à ses talents vocaux il rencontre les Rolling Stone qui l'emmènent dans une tournée à travers les USA et l'Europe. De cette collaboration naîtront deux disques (Bush Doctor et Mystic Man). Tosh devient alors une machine à produire des hits et enchaîne les concerts en Jamaïque et ailleurs dans le monde. Plus tard, Peter s'entoure du plus célèbre duo rythmique de la planète reggae à savoir Robbie Shakespeare à la guitare et Sly Dunbar à la batterie. Il forme le groupe "Word Sound & Power" qui l'a accompagné partout. Il réussi à s'offrir les services de l'excellent saxo (ténor et alto) Dean Fraser, la référence saxo du reggae. Dans la classification des différents styles de reggae, Peter Tosh fait partie des "Roots" de par son style musical et les messages de ses textes. Nous rangerons également dans ce groupe Bob Marley, The Gladiators, Capital Letters, Burning Spear, I Jah Man, Cimarons, Max Romeo, Heptones, Culture, Dennis Brown, Jacob Miller, Lee Scratch Perry, U Roy, I Roy, Bunny Wailer, Kiddus I, The Upsetters, Kingston Feeling, Twinkle Brothers, Mighty Diamonds, Pablo Moses, Culture, etc... la liste est très longue. Les années 80 coïncident avec l'explosion du reggae en différents styles. Un pôle européen est né en Angleterre avec l'avènement du reggae issu de la deuxième génération d'immigrés jamaïcains. Dans cette catégorie, je rangerai bien volontiers Steel Pulse, Aswad, LKJ, etc...

Tosh est devenu une grande pointure dans la galaxie reggae. Mais avec le temps ses productions discographiques devenaient de plus en plus rares. Le public a attendu quatre ans la sortie de son dernier disque. Il s'est éloigné un peu de la scène et voulait entamer une carrière de producteur. Il se proposait d'aider les jeunes artistes de son pays. Il n'a jamais renié son style, il n'acceptait pas les compromis. Il a toujours défendu ses convictions. Il n'est jamais tombé dans la facilité et n'a jamais fait du reggae commercial soft, ce qui est un exploit quand on connaît la pression du lobby des maisons de disques.

Le 11 Septembre 1987 au soir, trois pseudo-cambrioleurs armés font irruption chez lui et l'assassinent. Sa femme et ses invités qui étaient présents furent blessés. Parmi les meurtriers se trouvait une ancienne connaissance de Peter Tosh. Les circonstances de sa mort restent floues. On parle d'un marché que Peter n'aurait pas respecté, d'un règlement de compte, de la police politique, des services spéciaux d'un pays. Signalons aussi que Peter Tosh et un ami étaient sur le point de prendre le contrôle d'une station radio très populaire en Jamaïque et voulaient transformer cette radio généraliste (la seule independante en Jamaïque) en une radio 100% reggae. Les discussions étaient tendues. Cette radio était considérée comme un instrument potentiel de propagande, un outil stratégique, voire une arme. Peter avait beaucoup d'ennemis. Ce qui est certain c'est qu'il a été victime d'un complot ou d'un contrat. Peter Tosh gênait beaucoup de gens. L'un de ses meurtriers est aujourd'hui en prison après un procès expéditif et une délibération record de 11mn. Les deux autres assassins courent toujours. Le mystère qui entoure sa mort contribue à entretenir le mythe et la légende du personnage.

Discographie :
- Catch A Fire (1973)
- Burnin' (1973)
- Legalize It (1976)
- Equal Rights (1977)
- Bush Doctor (1978)
- Mystic Man (1978)
- Wanted: Dread & Alive (1981)
- Mama Africa (1983)
- Captured Live (1984)
- No Nuclear War (1987)
- "best of" compilation (1988)
- The Toughest (1988)
- The Toughest (1996)
- Best of Peter Tosh - Dread Don't Die (1996)
- Honorary Citizen (1997)

Chansons à télécharger (click):
- Mama Africa
- Bush Doctor

# Posté le jeudi 28 décembre 2006 15:57

Modifié le samedi 01 mars 2008 17:21